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L’Abbé Joseph Francis Janvier Badji, nommé Évêque coadjuteur du diocèse de Kolda, le 10 janvier dernier par le Pape Léon XIV, sera ordonné ce samedi 11 avril 2026, veille du Dimanche de la Miséricorde Divine. Il recevra l’imposition des mains du collège des évêques faisant de lui un des leurs. Mgr André Guèye, archevêque métropolitain de Dakar, présidera la cérémonie, avec à ses côtés Mgr Jean-Pierre Bassène, évêque de Kolda, et Mgr Waldemar Stanislas Sommertag, Nonce apostolique au Sénégal.
Issu du diocèse de Ziguinchor, l’homme aura la lourde tâche de suppléer Mgr Jean Pierre Bassène dans l’administration du diocèse de Kolda. Ce prêtre de 60 ans, formateur reconnu et spécialiste de philosophie, quittera la direction du Grand Séminaire interdiocésain Jean Marie Vianney de Brin pour rejoindre Mgr Jean-Pierre Bassène, qui dirige cette circonscription ecclésiastique depuis son ordination épiscopale le 29 avril 2000. La cérémonie de ce samedi le prépare ainsi à la succession épiscopale.
Selon le clergé sénégalais, contrairement à un simple auxiliaire, l’Abbé Badji accédera automatiquement au siège titulaire dès sa vacance. Cependant, d’’ici là, il exercera comme vicaire général et partagera avec Mgr Bassène la charge pastorale de cette juridiction qui rassemble les fidèles répartis dans la Moyenne et la Haute Casamance, correspondant aux régions administratives de Sédhiou et de Kolda. Mgr Bassène conserve ses pouvoirs jusqu’à la présentation de sa démission à 75 ans, conformément aux dispositions du Code de Droit Canonique.
STATUT D’EVEQUE COADJUTEUR
Le statut d’évêque coadjuteur trouve son fondement dans le Droit Canonique. Même si on n’a pas pour habitude de vivre cette situation au Sénégal, le diocèse de Ziguinchor l’a déjà connu avec le feu Mgr Maixent Coly, nommé à ce poste avant de remplacer Mgr Augustin Sagna.
A en croire l’union du clergé sénégalais, la nomination de Mgr Francis Badji comme évêque coadjuteur du diocèse de Kolda s’inscrit dans le cadre précis du droit canonique de l’Église catholique. Le Code de Droit Canonique de 1983 (CIC) règlemente ce statut aux canons 403 à 411. « Le canon 403 2 CIC fonde la nomination. Dans des circonstances plus graves, même de nature personnelle, un évêque coadjuteur doté de facultés spéciales peut être donné à l’évêque diocésain, y compris de la propre initiative du Saint-Siège. La distinction est fondamentale : à la différence de l’évêque auxiliaire, le coadjuteur est investi du droit de succession au siège épiscopal ».
COADJUTEUR ET AUXILIAIRE : UNE DISTINCTION FONDAMENTALE
La nomination au titre de coadjuteur ne doit pas être confondue avec celle d’évêque auxiliaire. Selon l’Ucs, les deux charges répondent à des logiques canoniques distinctes, et leurs effets juridiques diffèrent sur un point capital à savoir le droit de succession.
Le droit canonique établit une distinction nette entre ces deux charges. L’évêque auxiliaire est nommé à la demande de l’évêque diocésain lorsque les besoins pastoraux du diocèse le requièrent, mais il n’est pas investi du droit de succession. L’évêque coadjuteur, en revanche, est doté de ce droit par sa nomination même. La source renseigne aussi que lorsque le siège épiscopal devient vacant, le coadjuteur devient immédiatement évêque du diocèse, sans qu’il soit besoin d’une nouvelle nomination pontificale, à condition qu’il ait été légitimement mis en possession de son office. La continuité pastorale est ainsi garantie de plein droit, sans délai ni nouvelle procédure.
La charge de Vicaire général est portée par Mgr Francis
Le droit canonique impose une obligation précise à l’évêque diocésain. Il est tenu de nommer l’évêque coadjuteur Vicaire général. Cette nomination n’est pas discrétionnaire selon l’Ucs, elle est prescrite par la loi canonique. Elle confère à Mgr Badji une compétence générale sur toutes les affaires relevant de la juridiction ordinaire de l’évêché, en communion avec Mgr Bassène. En tant que Vicaire général, il peut exercer tous les actes de gouvernement qui relèvent de la compétence de l’ordinaire, sauf ceux que le droit réserve expressément à l’évêque diocésain . il précise que l’évêque coadjuteur assiste l’évêque diocésain dans tout le gouvernement du diocèse. Cette assistance prend une dimension particulière en cas d’absence ou d’empêchement de l’évêque. En vertu de sa charge de Vicaire général, Mgr Badji assure alors la continuité du gouvernement ordinaire. Ce régime garantit la stabilité pastorale du diocèse dans toutes les circonstances.
RITES DE L’ORDINATION EPISCOPALE
L’ordination épiscopale confère la plénitude du sacrement de l’Ordre. C’est la tradition apostolique ininterrompue de l’Église qui le dit, avant même les formulations juridiques. Selon l’Ucs, le Concile Vatican II, dans la constitution dogmatique Lumen Gentium (n. 21), enseigne que la consécration épiscopale confère, avec la charge de sanctifier, les charges d’enseigner et de gouverner. « Les trois, munera par lesquels l’évêque est configuré au Christ, Prêtre, Prophète et Roi. La consécration est conférée par l’imposition des mains et la prière de consécration prescrite par les livres liturgiques. Tout le reste est signe de cette réalité » relève le document de presse.
LA PRÉSENCE DE TROIS ÉVÊQUES
Le consécrateur principal doit s’associer au moins deux autres évêques consécrateurs. Cet impératif n’est pas seulement disciplinaire : il signifie que l’épiscopat est, par nature, un ministère collégial. Trois évêques posent les mains ensemble pour exprimer que le nouvel évêque entre dans la communion d’un collège.
L’imposition des mains et la prière d’ordination sont deux actes qui constituent, selon le droit canonique et la tradition apostolique la plus ancienne, les rites essentiels de l’ordination. Sans eux, il n’y a pas de sacrement. L’archevêque de Dakar impose d’abord les mains en silence sur la tête de Mgr Badji. Tous les évêques présents font de même, l’un après l’autre, dans le même silence. Ce silence n’est pas un vide, il est la forme que prend la prière à son degré le plus intense. Durant toute la prière consécratoire qui suit, deux diacres tiennent le Livre des Évangiles ouvert au-dessus de la tête de l’ordinand, signifiant que l’évêque reçoit la charge de la Parole avant celle du gouvernement.
L’ONCTION DU SAINT CHRÊME
L’archevêque oint la tête de Mgr Badji avec le saint chrême, huile consacrée lors de la messe chrismale du Jeudi Saint. Ce geste ne fait pas partie des rites essentiels mais en prolonge le sens. Il exprime l’action de l’Esprit Saint qui, par l’ordination, configure l’évêque au Christ Grand Prêtre. La formule accompagnant l’onction en précise la portée : « Dieu vous a associé au Christ souverain prêtre ; qu’il vous pénètre de sa grâce comme d’une onction spirituelle. »
LA REMISE DES INSIGNES ÉPISCOPAUX
Trois insignes de la charge pastorale sont remis à̀ Mgr Badji, chacun porteur d’une signification théologique précise. L’Évangéliaire est remis en premier : la mission première de l’évêque est d’annoncer la Parole. L’anneau pastoral signifie la fidélité de l’évêque à l’Église dont il devient pasteur au nom du Christ. La mitre est signe de la sainteté à laquelle la charge épiscopale appelle. La crosse, enfin, évoque le berger qui conduit, rassemble et secourt son troupeau.
LA PREMIÈRE BÉNÉDICTION ÉPISCOPALE
Le premier acte public de Mgr Badji en tant qu’évêque ordonné est de bénir solennellement l’assemblée. Cet acte n’est pas un simple protocole : il dit que la grâce reçue par l’ordination se tourne, sans délai, vers le service du peuple de Dieu.
Denise ZAROUR MEDANG
L’article Ordination épiscopale de l’évêque coadjuteur de Kolda : Mgr Francis Joseph Francis Janvier Badji rejoint le collège des évêques est apparu en premier sur Sud Quotidien.