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Regroupées au sein du GIE « Tivaouane Recasement 2 », les familles victimes des démolitions à Tivaouane-Peulh interpellent directement le chef de l’État. Entre promesses non tenues, nouvelles menaces judiciaires et précarité foncière, ces populations réclament la matérialisation urgente de leur recasement sur un site de 20 hectares. Plus d’un millier de familles sont concernées. Les membres du collectif se sont donné rendez-vous, ce jeudi, au Tribunal où leurs responsables sont convoqués, dans le cadre d’une procédure initiée par la SIPRES, pour obtenir la rétractation de la pré-notation qui leur avait été faite par les autorités des domaines.
A Tivaouane-Peulh, l’espoir semble faire place à l’inquiétude. Plusieurs années après les opérations de démolition qui ont plongé de nombreuses familles dans le désarroi, le dossier de leur recasement reste en souffrance dans les couloirs de l’administration. Dans une correspondance adressée au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le collectif des victimes sollicite une intervention de haute portée pour sortir d’une « insécurité foncière permanente ».
Au cours d’une assemblée générale tenue sur le site, les victimes de ces démolitions ont livré le contenu de la correspondance envoyée au président de la République et invité à une grande mobilisation, ce jeudi devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Rufisque, sis à Diamniadio. Cela dans le but de crier leur colère contre « l’insécurité juridique » qui les poursuit depuis plusieurs années maintenant.
Pourtant, le principe d’un dédommagement semblait acquis. L’État du Sénégal avait retenu l’attribution d’une assiette foncière de vingt (20) hectares, à prélever sur le Titre Foncier (TF) n°6435/R situé à Tivaouane-Peulh. Des avancées administratives notables avaient été enregistrées, notamment une autorisation de lotir et l’inscription d’une pré-notation sur le titre foncier pour protéger les droits des victimes.
Cependant, le processus bute aujourd’hui sur une étape cruciale : la décision des services des Domaines visant à matérialiser le retrait partiel du droit au bail de la SIPRES au profit des victimes déjà installées sur une partie du site. « Malgré ces avancées significatives, cette décision n’a toujours pas été matérialisée », déplore le collectif.
L’urgence est d’autant plus vive que le passé récent de la zone est marqué par des événements douloureux. En 2022, plusieurs constructions appartenant aux bénéficiaires ont été démolies sur le site de recasement, alors même qu’aucun acte de retrait de leurs droits ne leur avait été notifié.
Aujourd’hui, une nouvelle menace plane. La société SIPRES a engagé une procédure devant le Tribunal de Grande Instance de Rufisque pour obtenir la « rétractation de la pré-notation ». Pour les membres du GIE « Tivaouane-peulh Recasement 2 », cette pré-notation constitue actuellement leur « unique protection juridique ». Sa suppression remettrait en cause des années de démarches et de lutte.
Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse, les bénéficiaires ne demandent que l’exécution des décisions déjà prises par l’État. Ils réclament aujourd’hui, le « retrait effectif et partiel du bail de la SIPRES » sur les 20 hectares concernés, l’octroi d’un « droit au bail définitif » au profit du GIE « Tivaouane-Peulh Recasement 2 » et la « sécurisation foncière totale » des victimes. Pour le collectif, l’intervention du président Diomaye Faye est le seul rempart pour préserver la paix sociale dans la zone et mettre fin à des années d’incertitude.
Daouda GUEYE
L’article Litige foncier à Tivaouane-Peulh : Entre détresse et « insécurité foncière », les victimes de démolition s’en remettent au président Diomaye Faye est apparu en premier sur Sud Quotidien.