" "
Posted by - support -
on - 1 hour ago -
Filed in - Society -
-
5 Views - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
Réunis les 16 et 17 avril 2026 à Dakar sous l’égide de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), des experts néerlandais et des chercheurs sénégalais ont engagé des échanges approfondis autour de la filière semencière horticole. L’objectif est de réduire une dépendance coûteuse aux importations et bâtir les fondements d’une souveraineté semencière durable.
Au-delà du protocole, certaines rencontres portent en elles les prémices de transformations structurelles. Celle tenue hier, jeudi 16 avril, dans les locaux de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), à Dakar, s’inscrit pleinement dans cette perspective. Pendant deux jours, industriels, chercheurs et représentants institutionnels néerlandais ont dialogué avec leurs homologues sénégalais sur l’avenir d’un secteur longtemps relégué au second plan, mais désormais reconnu comme stratégique : la production de semences horticoles. Depuis plusieurs années, le Sénégal affiche une ambition affirmée en matière d’autosuffisance alimentaire. Dans la filière de la pomme de terre, des avancées notables ont été réalisées, avec une production annuelle avoisinant 450 000 tonnes, permettant de satisfaire la demande nationale. Toutefois, cette performance dissimule une fragilité persistante : la forte dépendance aux importations de semences. Chaque année, entre 8 et 10 milliards de francs CFA sont consacrés à l’acquisition de cet intrant essentiel.
« La dépendance en semences demeure un défi majeur qu’il convient de corriger pour améliorer la compétitivité de la filière », a indiqué Saliou Ngom, directeur scientifique de l’ISRA, représentant le directeur général. Un constat partagé qui fonde la pertinence de ce partenariat inédit. Pour y répondre, le Sénégal s’appuie sur l’expertise des Pays-Bas, deuxième exportateur agricole mondial et référence en matière de production semencière. La délégation présente à Dakar témoigne de l’ampleur de cette coopération, rassemblant des acteurs du secteur privé, des centres de recherche et des institutions publiques néerlandaises.
Rogier Hekking, chef de mission adjoint à l’ambassade des Pays-Bas à Dakar, a décliné les fondements de cette démarche autour de quatre axes : innovation, partenariat équilibré, transfert de compétences et co-construction. Une approche qui s’écarte des modèles classiques pour privilégier une dynamique de création de valeur partagée. Les échanges ont permis de définir une feuille de route ambitieuse, axée sur le transfert de technologies, le renforcement des capacités locales et le développement de projets conjoints. À terme, la création d’entreprises sénégalaises spécialisées dans la production de semences constitue un levier structurant, susceptible de renforcer la maîtrise nationale de la chaîne de valeur horticole. Les zones des Niayes, dotées de conditions agroécologiques favorables, offrent un potentiel considérable pour le développement d’une horticulture intensive et orientée vers l’exportation. Toutefois, des contraintes subsistent, notamment le déficit d’infrastructures de stockage, la faiblesse des capacités industrielles et l’accès limité aux financements. Les deux parties entendent inscrire cette coopération dans la durée. Un volet commercial B to B est déjà envisagé, traduisant la volonté de donner à ce partenariat une dimension économique concrète. « Cette mission constitue un point de départ », a souligné Rogier Hekking, rappelant que le secteur semencier reste un maillon encore insuffisamment exploité dans la relation bilatérale. Au-delà du Sénégal, ce partenariat ouvre des perspectives à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, où la demande en semences de qualité est en forte croissance. Reste désormais à traduire les engagements en investissements durables et en politiques publiques cohérentes.
JEAN PIERRE MALOU
L’article Souveraineté semencière horticole : Dakar et les Pays-Bas en partenariat stratégique est apparu en premier sur Sud Quotidien.