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Le directeur général de l’Agence Sénégalaise d’Electrification Rurale (ASER), Jean Michel Sène a tenu hier, mercredi 1 avril à Dakar, une conférence de presse pour apporter des éclaircissements sur un marché d’électrification rurale d’un montant de 37 milliards de FCFA, devenu le centre d’une polémique persistante. Une sortie qu’il a lui-même qualifiée d’« exercice de transparence et de vérité ».
Selon le directeur général, plusieurs anomalies ont été identifiées dès la phase de conclusion du marché : le projet n’était pas inscrit au budget, les procédures internes n’ont pas été respectées, les montants affichés oscillent de manière inexpliquée entre 36 et 37 milliards de FCFA, et une avance financière a été accordée sans assise réglementaire solide.
« La moindre des choses, avant tout paiement, c’est de vérifier la conformité à tous les niveaux. Cela n’a pas été fait », a-t-il déclaré, pointant également l’absence d’études d’impact environnemental préalables, pourtant obligatoires pour ce type de projet d’infrastructure.
La question de l’avance financière est au cœur du litige. L’ASER juge son octroi irrégulier et a, en conséquence, déposé une plainte contre X afin, selon son directeur, de « situer les responsabilités ».
Suspension du marché et arbitrage de la Cour suprême
Face à ces dysfonctionnements, l’Agence a décidé de suspendre l’exécution du marché, une décision aussitôt contestée en justice par la partie adverse. La Cour suprême, saisie par l’ASER, a tranché le 21 janvier 2026 en confirmant les prérogatives de l’Agence en tant qu’autorité contractante, selon Jean-Michel Sène. Ce contentieux s’inscrit dans un cadre plus large. En clair, le marché litigieux s’intègre dans un programme global de 91 milliards de FCFA, destiné à l’électrification d’au moins 1 740 localités à travers le pays. Une ambition que la direction de l’ASER dit vouloir préserver, tout en alertant sur les risques de dérive budgétaire. « À ce rythme, les 37 milliards pourraient être consommés rapidement sans impact réel sur le terrain », a averti Jean Michel Sène.
Offensive tous azimuts contre les critiques
Au-delà des questions techniques, le directeur général a adopté un ton offensif à l’égard de ses détracteurs. Il a mis en cause l’homme politique Thierno Alassane Sall, l’accusant d’entretenir des liens avec un certain Saïdou Kane et affirmant que l’un d’eux aurait perçu 65 milliards de FCFA dans le cadre d’un contrat pour seulement 16 milliards de travaux effectivement réalisés, laissant sans explication l’utilisation des 49 milliards restants.
Il a par ailleurs affirmé que « certains journalistes sont payés pour s’attaquer à l’ASER », sans toutefois citer de noms ni fournir de preuves à l’appui de ces allégations. Publiquement défié d’apporter la preuve de sa propre implication dans un quelconque détournement, Jean-Michel Sène a répondu : « Qu’il cite un seul franc détourné par moi, et on verra. »
Une affaire à suivre
Le directeur général a annoncé que cette conférence de presse n’était qu’une « première étape » et qu’il reviendrait prochainement pour aborder d’autres volets du dossier. L’affaire, qui mêle enjeux de gouvernance, transparence budgétaire et accès à l’énergie en milieu rural, devrait continuer d’alimenter le débat public au Sénégal dans les semaines à venir.
JEAN PIERRE MALOU
L’article Projet d’électrification rurale – 37 milliards de FCFA sous le feu des controverses : Jean Michel Sène sort les dossiers et embrase la polémique est apparu en premier sur Sud Quotidien.