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À l’occasion de la 9e réunion préparatoire du Comité africain du patrimoine mondial de l’UNESCO, tenue à Dakar, le Directeur du Patrimoine culturel au ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme (MCAT), Oumar Badiane, a mis en avant la nécessité d’harmoniser les positions des États africains avant la 48e session du Comité du patrimoine mondial, prévue à Busan, en Corée du Sud. Entre défense des candidatures africaines, préservation des sites inscrits et lutte contre le déséquilibre de la représentation du continent sur la Liste du patrimoine mondial, cette rencontre vise à renforcer la solidarité africaine autour des enjeux culturels et naturels du continent.
Interrogé sur la finalité de ces assises dakaroises, Oumar Badiane a d’abord rappelé le contexte : « Aujourd’hui, le Sénégal accueille la réunion préparatoire de la 48e session du Parlement mondial. Ces réunions préparatoires sont désormais dans l’agenda de tous les États africains parties à la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. » Il a souligné que cette convention est mise en œuvre au Sénégal par les ministères de la Culture et de l’Environnement, ce qui a permis au pays d’inscrire deux sites naturels et cinq sites culturels sur la Liste du patrimoine mondial.
L’objectif principal, selon lui, est de dépasser les approches individuelles : « Les États africains se retrouvaient chacun de leur côté aux instances de l’UNESCO pour défendre leur dossier. Désormais, nous travaillons à harmoniser nos positions, à étudier toutes les candidatures africaines à l’inscription, ainsi que les rapports de conservation de nos sites culturels et naturels, afin de mieux les défendre ensemble. »
UN LEADERSHIP SENEGALAIS POUR PORTER LA VOIX DU CONTINENT
Les délibérations finales se dérouleront à Busan, en République de Corée du Sud, du 16 au 30 juillet prochain. « Nous sommes à quelques semaines du comité du patrimoine mondial. Ces États se retrouvent aujourd’hui au Sénégal pour préparer ce rendez-vous crucial. »
CORRIGER LE DESEQUILIBRE : NEUF PAYS AFRICAINS ENCORE ABSENTS DE LA LISTE
Face aux défis, M. Badiane a insisté sur la nécessaire rééquilibrage de la représentation africaine : « Il y a neuf pays africains qui ne possèdent aucun bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Notre premier défi est d’essayer d’équilibrer la représentation de l’Afrique, mais aussi de faire tout pour que ces États puissent y arriver. »
Pour cela, un accompagnement spécifique est mis en place : développement de l’expertise nationale, montage des dossiers, aide financière. « C’est le cas par exemple de la Guinée-Bissau, qui n’avait aucun site et qui a pu inscrire, l’an dernier, le paysage culturel des Bijagos. Voilà l’exemple à suivre. » Il a également mentionné l’existence d’un fonds et d’un organe institué par l’Union africaine pour aider les États du continent à corriger ce déséquilibre.
Interrogé sur la méthode de travail, Oumar Badiane a précisé que les débats se font « dans un climat de concertation, avec un objectif scientifique. Nous respectons les textes qui régissent les procédures d’inscription et les critères définis. »
Une attention particulière sera portée sur l’ensemble des dossiers inscrits à l’ordre du jour de Busan, en étudiant les recommandations des organes d’évaluation et en écoutant les observations des États parties.
UNE DIZAINE DE PAYS REPRESENTES A DAKAR
En guise de clôture, le Directeur du patrimoine a indiqué qu’une dizaine d’États prennent part à cette réunion préparatoire, dont les quatre membres du bureau (Sénégal, Tanzanie, Togo, Kenya) ainsi que d’autres pays venus défendre leurs dossiers. Les activités se poursuivront durant cinq jours, jusqu’à la fin de la semaine, afin de peaufiner les arguments et les positions africaines en vue du grand rendez-vous de Busan.
LAMINE DIEDHIOU
L’article Oumar Badiane, directeur du patrimoine culturel au ministère de la culture de l’artisanat et du tourisme (MCAT) : « Il y a neuf pays africains qui ne possèdent aucun bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial » est apparu en premier sur Sud Quotidien.