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Le 1er mai 2026, journée universellement dédiée au travail, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye a annoncé lors de la cérémonie de remise des doléances syndicales, la révision du Code du travail et de la Sécurité sociale incluant l’extension du congé de maternité à 18 mois. Evoquant la dynamique de l’emploi, il s’est félicité de la hausse des résultats des inspections du Travail et de la Sécurité sociale passés de 77 870 en 2024 à 78 231 en 2025. Il a aussi donné des instructions à son gouvernement de traiter, dans les meilleurs délais, les doléances pendantes, avant d’exhorter les entreprises au civisme fiscal.
A l’occasion de son discours du 1er mai, le président de la République a mis en avant des avancées qualifiées de significatives concernant le Code du travail et celui de la sécurité sociale. Ces deux instruments adoptés en conseil des ministres, seront transmis selon le Président Diomaye Faye, à l’Assemblée nationale en vue de leur examen et de leur adoption au cours de l’année 2026. « Je vais parler de l’extension du congé de maternité à 18 mois. Je tiens à cet égard, à rassurer l’ensemble des travailleurs que le projet qui sera soumis à l’Assemblée nationale reflètera fidèlement les consensus issus des travaux d’élaboration conduits avec l’ensemble des partenaires sociaux » a-t-il déclaré.
Annonçant une généralisation de l’indemnité représentative de logement dans la fonction publique, le chef de l’Etat a estimé que des efforts substantiels ont été consentis en faveur d’une amélioration des conditions de vie et de travail.
« Nous avons adopté des décrets relatifs à certaines catégories d’agents dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de la justice, notamment les enseignants, les décisionnaires, les techniciens supérieurs de la santé et les greffiers. Cela a permis de régler durablement leur situation statutaire et de consolider leur cadre professionnel » a-t-il évoqué.
Poursuivant son propos, il a ajouté : « nous avons procédé à la revalorisation des salaires des domestiques et gens de maison ainsi que des travailleurs des professions agricoles, traduisant l’engagement du gouvernement en faveur de la protection des catégories socio-professionnelles les plus vulnérables et la réduction des inégalités. Nous avons procédé à des recrutements significatifs opérés dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’enseignement supérieur, complétés par les recrutements programmés au cours de l’année visant à améliorer l’offre de services publics et à répondre aux besoins croissants des usagers ».
Dans le cadre de la modernisation du secteur public, le Président de la République a évoqué la digitalisation des procédures et l’interconnexion des systèmes de gestion dont la mise en œuvre, selon lui, sera effective à brève échéance afin de renforcer l’efficacité, la transparence et la performance de l’action publique. « Nous avons procédé à l’extension progressive de la protection sociale en direction des travailleurs de l’économie informelle. Nous avons procédé à la prise en charge concertée de plusieurs situations de contention sociale à travers le dialogue social ayant permis de favoriser la régulation des conflits. Ces résultats traduisent une mise en œuvre réelle, progressive et mesurable des engagements de l’Etat à l’espace d’une année, dans un contexte pourtant fortement contraint ».
Des instructions au gouvernement
Dans la continuité des procédures engagées par l’Etat du Sénégal, le chef de l’Etat affirme avoir donné des instructions à son gouvernement afin de concentrer son action autour des priorités clairement définies. Il s’agit de finaliser les réformes par la transmission à l’Assemblée nationale des projets de Code du Travail et de la Sécurité sociale en vue de leur adoption, de poursuivre la réforme des retraites et de moderniser le cadre juridique de la fonction publique. Il a tenu à rassurer sur la question de l’indemnité en cas de licenciement. «J’instruis le gouvernement de renforcer la protection sociale en étendant la couverture aux travailleurs du secteur informel et en consolidant la viabilité de nos régimes de retraite, d’améliorer le pouvoir d’achat par la poursuite des mesures de régulation des prix et par la mise en œuvre des réformes fiscales orientées vers une plus grande équité, de promouvoir l’emploi et l’employabilité en finalisant avec diligence la politique nationale de l’emploi en vue de son adoption qui est déjà faite en Conseil des ministres et de sa mise en œuvre effective et en renforçant les dispositifs d’insertion des jeunes» a-t-il déclaré, avant de rappeler qu’en dépit des contraintes économiques, le gouvernement a déjà engagé des initiatives substantielles en faveur de l’emploi». Il a ajouté « J’instruis également de consolider le dialogue social à travers l’institutionnalisation des concertations tripartites, l’installation effective des comités de dialogue social au sein des ministères et le renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation des engagements, de renforcer enfin les capacités de notre administration du travail ».
En ce sens, le président Bassirou Diomaye Faye souligne que l’effectivité du droit social exige une administration forte, crédible et pleinement opérationnelle. Il a en outre insisté sur la nécessité d’achever diligemment, la mise en place du fonds d’intervention de l’administration du travail par la signature rapide des arrêtés d’application correspondants. Ce mécanisme constituera selon lui, un levier opérationnel pour la prévention et la gestion des conflits sociaux. « La stabilité sociale repose sur un équilibre exigeant entre les engagements de l’État et les responsabilités des partenaires sociaux ainsi que le respect des règles du dialogue. Je réaffirme solennellement l’engagement de l’État à respecter ses engagements et ses obligations. J’en appelle un retour à la responsabilité de tous les partenaires sociaux afin de préserver un climat de confiance, condition essentielle du progrès économique et social ». Et d ‘ajouter « Chers travailleurs, chers employeurs, la transformation profonde du Sénégal ne saurait se réaliser sans un dialogue sincère, constructif, sans un travail décent, productif, pour tous et sans une justice sociale effective » a-t-il dit.
Les tensions dans le secteur
Malgré ces avancées, le président de la République a invité à reconnaitre avec lucidité la persistance des tensions sociales dans certains secteurs. « Ces situations interviennent alors même que le pacte national de stabilité sociale a consacré une trêve sociale d’une durée de trois ans, librement consentie par l’ensemble des partis. Je me réjouis en revanche de l’évolution positive récemment enregistrée dans le secteur de l’éducation et de la formation, marquée par la signature le 16 avril 2026 d’un accord entre le gouvernement et les syndicats représentatifs ».
Revenant au pacte de stabilité, il a rappelé que le respect de la trêve sociale constitue une exigence pour la crédibilité de l’engagement collectif et une condition essentielle à l’instauration d’un climat social apaisé. Dans le même esprit, il a souligné que le gouvernement a engagé de manière effective et progressive la mise en œuvre de ses engagements.
Etat d’exécution des doléances de 2025
S’agissant des doléances formulées par les organisations syndicales au titre de l’année 2025, celles-ci ont fait apparaître avec netteté plusieurs axes de force tels que les réformes de l’administration, la revalorisation salariale et l’équité, la protection sociale et les retraites, le pouvoir d’achat, la régulation du marché du travail.
Sur la question du pouvoir d’achat, le chef de l’Etat a indiqué avoir procédé à des baisses successives et significatives des denrées de première nécessité. Il a insisté sur la nécessité d’une plus grande diligence dans la transmission, des rapports relatifs aux réponses apportées aux doléances sectorielles, afin que la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale d’en assurer la collecte, la consolidation et la diffusion auprès des partenaires sociaux dans le cadre des concertations. « Je tiens à réaffirmer que les cahiers de doléances qui me sont remis ce jour feront l’objet de la même rigueur et de la même exigence dans leur traitement. Je demande également au gouvernement d’accorder une attention particulière aux attentes par les organisations patronales ».
Recrutements
Enfin, évoquant la question du recrutement, le président Bassirou Diomaye Faye, a souligné les résultats enregistrés dans les inspections du Travail et de la Sécurité sociale. Le nombre de contrats de travail enregistrés est passé de 77 870 en 2024 à 78 231 en 2025. « L’État poursuivra dans ce cadre ses efforts en vue d’améliorer l’environnement des affaires, de renforcer la transparence économique, de faciliter l’accès au financement et de soutenir la croissance des entreprises » a-t-il évoqué.
En retour, il a appelé les employeurs à assumer pleinement leurs responsabilités en respectant scrupuleusement leurs obligations légales, sur le plan social que fiscal. « Le respect des normes du travail, la protection des droits des travailleurs ainsi que la contribution équitable à l’effort fiscal constituent des exigences fondamentales. C’est dans cet équilibre fondé sur la responsabilité réciproque entre l’État et le secteur privé que pourra se consolider un partenariat durable au service de la création de richesses, de l’emploi et du développement du Sénégal. Mesdames, Messieurs, l’année 2026 doit être celle de la consolidation des acquis et de l’accélération des réformes » .
Denise ZAROUR MEDAN
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