Face à la faiblesse persistante des ressources propres des collectivités territoriales, les acteurs de la gouvernance locale ont engagé une nouvelle offensive pour améliorer le recouvrement des recettes internes. Réunis dans le cadre du Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), responsables de l’administration territoriale, du Trésor public et élus locaux ont exploré plusieurs pistes destinées à renforcer l’autonomie financière des collectivités.
L’enjeu est de taille. Alors que les communes et autres collectivités sont appelées à assurer davantage de compétences transférées par l’État, nombre d’entre elles peinent encore à mobiliser les ressources nécessaires pour financer les infrastructures de base et les services sociaux destinés aux populations.
Selon les participants à cette rencontre nationale, l’amélioration de la mobilisation des recettes constitue désormais un levier incontournable pour réduire la dépendance des collectivités aux financements extérieurs et garantir un développement territorial durable.
La digitalisation comme levier de performance
Parmi les solutions mises en avant figure la dématérialisation des procédures de recettes et de dépenses. Les représentants de l’administration du Trésor ont présenté les avancées enregistrées dans ce domaine ainsi que les perspectives offertes par les outils numériques pour améliorer la transparence et l’efficacité du recouvrement.
Dans cette dynamique, le logiciel ComCom, actuellement en phase de test, a retenu l’attention des participants. Cet outil numérique est conçu pour faciliter le paiement des usagers, assurer une meilleure traçabilité des opérations et optimiser le suivi des recettes des collectivités territoriales.
Les responsables du projet estiment que son déploiement à grande échelle pourrait contribuer à réduire les pertes de recettes, sécuriser les procédures et améliorer les performances financières des communes.
Des chartes de partenariat pour améliorer le recouvrement
L’autre innovation présentée lors de l’atelier concerne la mise en place de chartes de partenariat entre le Trésor public et les collectivités territoriales. Ces conventions définissent les engagements respectifs des parties et s’accompagnent de plans d’action destinés à accroître le niveau de recouvrement des recettes locales.
Les intervenants ont souligné que l’application rigoureuse de ces plans pourrait générer des résultats significatifs en matière de mobilisation des ressources internes.
Au-delà de l’appui technique, ces chartes visent également à instaurer une meilleure collaboration entre les collectivités et les services financiers de l’État, notamment les directions chargées de la comptabilité publique, des impôts et du domaine.
L’Adm en première ligne
Prenant part aux échanges, Papa Sambaré Ndiaye, secrétaire général de l’Agence de développement municipal (Adm), a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective des acteurs concernés. L’Adm entend ainsi jouer un rôle de coordination entre les maires, les services techniques de l’État et les partenaires institutionnels afin de favoriser la mise en œuvre des réformes engagées.
Pour les responsables de l’agence, le renforcement des capacités des collectivités demeure un préalable essentiel à toute stratégie durable d’amélioration des recettes locales.
Financer les services de base par les ressources propres
Au terme des discussions, les participants ont réaffirmé leur ambition de permettre aux collectivités territoriales de financer davantage leurs investissements à partir de leurs ressources propres. Routes, écoles, centres de santé, éclairage public ou encore infrastructures communautaires figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier d’une meilleure mobilisation des recettes.
Les organisateurs espèrent que la finalisation des tests du logiciel ComCom, la signature des chartes de partenariat et le déploiement des programmes de renforcement des capacités permettront, dans les prochains mois, d’enregistrer une hausse sensible des recettes locales et de consolider la gouvernance financière des collectivités territoriales sénégalaises.
Ainsi, la modernisation des outils de gestion et le renforcement de la coopération entre les différents acteurs apparaissent désormais comme les principaux piliers d’une stratégie visant à assurer l’autonomisation financière des collectivités et à soutenir le développement local.
Samba Niébé BA