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Pour la première fois depuis son départ du pouvoir et du territoire sénégalais, Macky Sall s’est exprimé publiquement sur les événements survenus entre 2021 et 2024. Face aux organisations non gouvernementales réunies à l’Organisation des Nations unies, à New York, l’ancien chef de l’État a livré sa version des faits, dans un exercice de clarification. Un moment à la fois politique et symbolique, au cœur de sa candidature au poste de Secrétaire général.
Hier, 20 avril 2026, au siège de l’Organisation des Nations unies, Macky Sall a New York rencontré des représentants d’organisations non gouvernementales, dans le cadre des consultations liées à sa candidature au poste de Secrétaire général.
Cet exercice de trois heures, organisé pour la deuxième fois et désormais codifié dans le processus de sélection, a donné lieu à un échange nourri avec des acteurs de la société civile internationale, autour des enjeux de gouvernance,
de droits humains et de réforme du multilatéralisme. Plusieurs moments ont structuré la série des questions-réponses. Les ONG ont interpellé le candidat sur les tensions politiques survenues au Sénégal entre 2021 et 2024, en particulier sur les pertes en vies humaines enregistrées lors de manifestations. En réponse, Macky Sall a défendu un bilan qu’il inscrit dans une trajectoire démocratique, rappelant avoir été élu en 2012 puis réélu en 2019, avant de
quitter le pouvoir au terme de ses deux mandats, sans briguer une nouvelle candidature, malgré un contexte politique qu’il jugeait favorable. Il a souligné que les violences évoquées s’inscrivaient, selon lui, dans une tentative de conquête du pouvoir par des voies insurrectionnelles, caractérisées par des attaques contre des biens publics et privés, des médias, des infrastructures et des institutions judiciaires. Dans ce contexte, il a revendiqué la responsabilité de l’État de préserver l’ordre républicain et de protéger les citoyens, tout en rappelant que les faits avaient été soumis à l’autorité judiciaire. Évoquant la post-crise, l’ancien chef de l’État a mis en avant une démarche d’apaisement, matérialisée par l’adoption d’une loi d’amnistie. Présentée comme un choix politique orienté vers la stabilité nationale, cette mesure visait, selon lui, à favoriser la libération des détenus, la pacification du cli-
mat politique et l’organisation d’élections auxquelles les anciens opposants ont pu participer, conduisant à une alternance démocratique.
Face aux critiques relatives aux droits humains, il a récusé toute responsabilité personnelle dans les violences, insistant sur l’absence d’instructions visant à attenter à la vie des manifestants et dénonçant des interprétations qu’il juge contraires aux faits. Il a également estimé que toute remise en cause des événements passés relevait désormais d’une décision politique consistant à abroger la loi d’amnistie, condition préalable à une réouverture judiciaire des dossiers.
Dans son propos conclusif, relatif à ce sujet précis, il a appelé à dépasser les clivages issus des crises récentes pour privilégier une lecture tournée vers l’avenir, mettant en avant la résilience des institutions sénégalaises et la maturité démocratique du pays. Au-delà de ces échanges, la rencontre a aussi porté sur les priorités programmatiques du candidat. Macky Sall a plaidé pour une réforme du système multilatéral, en faveur d’une représentation accrue de l’Afrique au sein des instances décisionnelles, ainsi que pour un renforcement des mécanismes de financement du développement et de la lutte contre le changement climatique. Ce moment d’échanges, parfois tendue apparaît ainsi
comme un test significatif de sa capacité à répondre aux attentes d’une société civile internationale exigeante, à la veille de son audition formelle.
Ibrahima DIALLO
L’article Face aux ONG à New York : Macky Sall rompt le silence sur les crises de 2021-2024 est apparu en premier sur Sud Quotidien.