" "
Posted by - support -
on - 4 hours ago -
Filed in - Society -
-
9 Views - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
Un atelier de renforcement des capacités des leaders des organisations des personnes affectées par la lèpre (OPALS) sur le plaidoyer et le leadership s’est déroulé du 26 au 28 aout au Centre de réinsertion des personnes handicapées de Bambey. Cette initiative du président de l’Association sénégalaise de lutte contre la lèpre et les maladies tropicales négligées avec l’appui technique et financier de l’association allemande de lutte contre la lèpre et la tuberculose DAHW a permis de mettre en place le réseau de lutte contre la lèpre en vue d’éliminer cette maladie en 2030.
Un atelier de renforcement des capacités des leaders des organisations des personnes affectées par la lèpre (OPALS) sur le plaidoyer et le leadership s’est tenu au Centre national de réinsertion des personnes handicapées de Bambey. Le coordonnateur national du réseau de lutte contre la lèpre, l’exclusion et la stigmatisation, Pape Mamadou Diagne, par ailleurs président de l’Association sénégalaise de lutte contre la lèpre et les maladies tropicales négligées explique : « L’objectif de cet atelier, c’est de renforcer les leaders d’organisations de personnes affectées par la lèpre dans le cadre du plaidoyer et du leadership mais aussi de mettre en place le réseau de lutte contre la lèpre, l’exclusion et la stigmatisation. Ce dispositif est né d’un constat que la lèpre et les droits des personnes affectées par la lèpre ne sont pas pris en compte souvent. Ce qui nous a poussé à mettre en place ce réseau pour lutter en faveur des droits des personnes affectées par cette maladie. Il s’agit entre autres de l’accès aux soins, l’accès aux services sociaux de base dans les anciens villages de reclassement du Sénégal mais n’oublions pas que nous sommes dans une période post-abrogation de la loi 76 03 remplacée par la loi du 13 Juin 2023. Nous en remercions l’Etat du Sénégal qui a abrogé cette loi discriminatoire. Il n’y avait pas de mesures d’accompagnement ». Et il poursuit : « ce réseau qu’on a mis en place permettra de faire le plaidoyer pour que le document d’accompagnement élaboré par le ministère de la Santé et la Direction de l’action sociale soit financé et mis en œuvre pour réparer cette injustice sociale. Il y a plusieurs mesures qu’il faut revoir pour permettre à ces villages de reclassement de se mettre aux mêmes niveaux que les autres villages de reclassement social. Ces villages manquent de tout particulièrement sur le plan des infrastructures ». Et d’ajouter : « il y a certains villages qui ne disposent pas de poste de santé. L’accès aux soins pose problème. Il y a des villages qui n’ont pas de route où l’accessibilité pose aussi problème. Il y a l’aspect administratif également. On ne voit pas ces villages dans la carte administrative. On ne peut vous dire tel village appartient à tel quartier ou à telle commune. Après l’approbation de cette loi, l’Etat devrait donner des instructions aux maires pour que ces villages puisent être réintégrés au niveau de leurs communautés de base ». Selon lui, le Sénégal a éliminé la lèpre mais il ne l’a pas éradiquée. « Nous constatons ces temps-ci qu’il y a la présence de la maladie dans certaines localités d’où l’importance » de tirer la sonnette d’alarme pour que les autorités puissent prendre à bras le corps le combat de la lutte contre la lèpre. Ce qui nous inquiète, ces cas sont notés chez les jeunes et les femmes. On a également des problèmes avec le personnel soignant qui ignore souvent la maladie. C’est une maladie dont on ne parle pas beaucoup ».
Le Directeur de la promotion et de la protection des groupes vulnérables au niveau de la Direction de l’action sociale Souleymane Dia soutient pour sa part que « l’atelier se déroule dans un contexte de rupture. Il y a beaucoup de dynamiques qui ont évolué. Il est normal que les leaders des organisations de personnes affectées puissent être capacités sur le leadership mais aussi sur le plaidoyer pour pouvoir porter elles-mêmes ces personnes affectées par la lèpre mais aussi travailler à mobiliser tout ce dont elles ont besoin pour arriver à avoir des résultats probants. Un programme de résilience des communautés affectées par la lèpre a été élaboré par le ministère de la Santé, étalé sur 5 ans pour un coût global de 7milliards 200 millions de frs. L’Etat est prêt à accompagner ce programme à travers le ministère de l’Economie, du plan et de la coopération et le ministère des Finances et du budget. Donc, c’est dire que l’Etat est en train de jouer sa partition pour accompagner les ex-villages de reclassement mais aussi les personnes et les communautés affectées par la lèpre ».
Le Directeur de l’ONG DAHW (Association allemande de lutte contre la lèpre et la tuberculose) Mahamad Cisse rappelle que « beaucoup de raisons justifient l’accompagnement de leur organisation envers les personnes affectées par la lèpre. Il s’agit dans un premier temps de l’abrogation de la loi sur les villages de reclassement social qui ont été d’anciennes léproseries devenues des villages de reclassement social. Aujourd’hui, avec la nouvelle abrogation de la loi, ces villages sont devenus des villages de droit commun intégré dans les communautés de base. Il est opportun de renforcer les capacités des organisations de personnes affectées par la lèpre dont une grande partie sont logées dans les villages de reclassement social pour porter le travail de plaidoyer, pour défendre leurs droits et faciliter leur intégration dans leurs communautés de base. Le deuxième aspect qui justifie cela, c’est la lèpre. La DAHW, l’université de Thiès et le Programme d’élimination de la lèpre sont en train d’introduire l’intelligence artificielle dans le diagnostic de la lèpre et des maladies tropicales négligées parce que tout simplement il y a un objectif mondial d’éradiquer la lèpre en 2030. Le Sénégal a tous les atouts pour participer à cette élimination. C’est pourquoi nous voulions que les personnes affectées par la lèpre qui ont un vécu, des parcours, de l’expérience puissent se joindre également à ce grand mouvement pour participer à l’élimination de la lèpre au Sénégal en 2030 ».
ADAMA NDIAYE
L’article Bambey/élimination de la lèpre en 2030 : un réseau de lutte contre la maladie porté sur les fonts baptismaux est apparu en premier sur Sud Quotidien.